05.12.2009
Ami, amis, marchez encore sans craindre sur le toit du monde
13:40 Publié dans Écouter voir | Lien permanent | Envoyer cette note
04.12.2009
Texte écrit hier lors de l'atelier d'écriture des Compagnons de la nuit
C'était la nuit. J'ai vu que c'était la nuit en me réveillant, parce que je n'ai rien vu. Je ne me souvenais plus depuis quand je dormais. Je ne me souvenais pas non plus de m'être endormie. Quand était-ce ? Où ? Dans quel sens étais-je tournée ? Y avait-il une chambre, à l'intérieur de laquelle j'étais ? Qui m'avait réveillée ?
J'ai entendu sonner. Ah, c'était ça. Cela n'arrive-t-il pas souvent ? On se réveille juste avant que ça sonne. J'ai tendu le bras dans le noir, j'ai tâté l'espace, mes doigts sont tombés sur une surface lisse, qui vibrait.
Allo ? j'ai dit, en portant l'objet à mon oreille.
Mon rêve, c'est toi ? a dit une voix, en prononçant lentement les mots, comme s'ils étaient portés par une vague, le long d'une houle paisible.
J'ai commencé à distinguer quelque chose dans l'obscurité autour de moi, un froufrou blanc qui s'est déroulé en ruban entre l'abîme du bas et l'abîme du haut. Des chauve-souris invisibles voletaient tout autour, leur bruit d'ailes flottait, bateaux à voiles dans le téléphone, et l'écume leur répondait en chuchotements, si vite maintenant que je ne parvenais plus à saisir ses paroles.
Allo ? dis-je encore. Allo allo, qui est à l'eau ?
Ooooohhhhh, dit la vague. Et je la vis frémir et me sourire. C'est toi, mon rêve ?
Je ne sais pas, dis-je. On se connaît ?
Mon rêve, mon rêve... répétait la vague, qui semblait ne devoir jamais en finir de déferler.
J'aurais voulu lâcher le téléphone pour me pincer. Étais-je un rêve ? Étais-je le rêve de la vague ? Elle chantait, maintenant. Oh, mon Dieu ! Quelle voix ! Jamais je ne pourrais retirer ça de mon oreille. Mes tympans tremblaient comme des bancs de milliards de minuscules poissons d'argent. Une coulée d'or se fraya un chemin parmi eux, et la voix se mit à voyager dans ma tête, à y écrire des lettres toutes en pleins et en déliés.
À mesure qu'elles se traçaient, avançaient dans les circonvolutions de mon cerveau, les lettres s'assemblaient en mots, en phrases belles comme le miel. J'aurais voulu dire quelque chose, quelque chose comme Ooooohhhhh ! Mais je remarquai que mes lèvres étaient déjà en train de gambader avec tous les mots qui maintenant me sortaient par la bouche.
Pendant que je parlais, que s'écoulaient de moi les caravanes de phrases qui avaient voyagé en long fil de lumière dans mon corps, le jour doucement se levait. L'horizon apparut, la vague une dernière fois se gonfla, poumon, et demanda, plus tendre que jamais : Allo ? C'est toi, mon rêve ?
Oui, c'est moi, dis-je.
10:54 Publié dans Paroles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature, christianisme
03.12.2009
Baisers de solitude
Apprendre à ne pas subir la solitude, mais à l'aimer. Cette solitude qui s'appelle Dieu. Cette solitude qui s'appelle Autrui. Cette solitude en laquelle vous n'êtes jamais seul, mais toujours dans un baiser d'amour.
19:49 Publié dans Paroles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme
Cherchez donc quel est celui qui vient
"Frères, vous à qui le Seigneur, comme à des petits, révèle ce qui est caché aux sages et aux habiles, vous devez appliquer votre pensée à ce qui concerne vraiment le salut et trouver le sens de cet avent : Cherchez donc quel est celui qui vient, d'où et de qui il vient, cherchez aussi le motif de sa venue. Cette curiosité est sans aucun doute louable et salutaire : l'Eglise ne célèbrerait pas le présent Avent avec tant de ferveur s'il ne recélait en lui quelque grand sacrement. Et tout d'abord, avec l'Apôtre stupéfait et plein d'admiration, regardez vous aussi celui qui fait son entrée : Il est, au témoignage de Gabriel, le Fils du Très-Haut, Très-Haut lui-même. Vous avez entendu, frères, quel est celui qui vient, écoutez, maintenant, d'où il vient et où il va. Il vient du coeur de Dieu le Père dans le sein de la Vierge Mère. Il vient du plus haut des cieux jusqu'aux régions inférieures de la terre."
1er sermon pour l'Avent, 1, de St Bernard : ici sur le site des Pères de l'Église
17:11 Publié dans Paroles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme
02.12.2009
Vivredire
Ce que je dis, je le vis, et ce que je vis, je le dis.
Il leur dit encore : Apporte-t-on la lampe pour la mettre sous le boisseau, ou sous le lit ? N'est-ce pas pour la mettre sur le chandelier ?
Marc, 4, 21
- voir les correspondances ici
11:57 Publié dans Paroles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme, littérature
La lune colorée
09:43 Publié dans Écouter voir | Lien permanent | Envoyer cette note
01.12.2009
"Dehors les chiens... Et que l'homme assoiffé s'approche"
La bête retrousse ses babines, plante sur l'enfant ses yeux, fusils froids, durs. Elle a pris possession de cette flaque. Elle n'entend pas la partager. Elle dévorerait volontiers le peu de chair qui ose ainsi s'approcher d'elle.
L'enfant a soif. Dans les yeux de la bête un miroitement rouge, dont on ne sait s'il vient du fond de son être ou d'un reflet de la flaque. L'enfant se remet à avancer, nu, farouche et déterminé sous ses longs cheveux emmêlés. De nouveau les babines, comme la vague à marée descendante, se retirent puissamment autour des crocs, des gencives gonflées. Issu de très loin en amont de sa gorge, un râle vibre entre ses mâchoires, dans toute sa gueule d'où s'échappe une puanteur. Cependant sa patte droite s'extrait du bourbier, esquisse un mouvement de recul.
L'enfant cesse de la regarder. Il lève les yeux au ciel, où le vent soudain se fait entendre. Il fait encore trois pas, s'agenouille. La bête ne bouge pas. Elle détourne le regard, sa gueule se ferme, ses yeux s'éteignent. Sans s'occuper d'elle, il lape l'eau mêlée de sang, qui le désaltère et le nourrit.
in Souviens-toi de vivre, mon roman de Marie Madeleine, à paraître en janvier
"Dehors les chiens (...) Et que l'homme assoiffé s'approche : Apocalypse, 22
11:03 Publié dans Paroles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature, christianisme
30.11.2009
Derrière les remparts
La troupe turque en représentation, le samedi 4 juillet 2009, âu Trocadéro, à Paris, lors de l'ouverture de la saison turque en France

11:12 Publié dans Écouter voir | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature
29.11.2009
« Le-Seigneur-est-notre-justice »
Aujourd'hui premier dimanche de l'Avent (et anniversaire de mon troisième fils). On trouvera les lectures ici. Voici les commentaires des lectures de l'année dernière que je fis pour le magazine Pèlerin, du premier dimanche de l'Avent à l'Épiphanie. Autre année liturgique, mais le sens de ce temps est le même.
1
C'est une sublime histoire d'amour, que nous content les lectures de ces dimanches où nous attendons l'arrivée de Dieu sur la terre. Comme Marie enceinte, nous Son humanité, nous L'attendons, nous Le portons en nous. Que sait-on de ce qui se passe dans ces eaux profondes où l'être prend vie, à l'abri des regards ? Seuls les yeux de l'esprit peuvent approcher ce mystère, et c'est ce que fait la parole de Dieu, reposant dans la Bible comme un enfant qui ne demande qu'à naître, jour après jour, en nous.
Tout, dans cette histoire, correspond, se répond et retourne l'un vers l'autre : l'attente et la venue, la promesse et le fruit, l'enfouissement et l'épiphanie. Et nous allons vivre ensemble ce temps, jusqu'à ce jour où le Roi du monde se manifestera aux rois venus d'Orient. Cette aventure qui tout en étant orientée vers un accomplissement, reprend et retisse ses motifs dans un mouvement de vie irrépressible, un processus d'évolution vers l'élévation et la révélation.
En ce premier dimanche, l'appel poignant de l'homme, par la voix d'Isaïe, monte vers le Seigneur : « Ah, si tu déchirais les cieux ». Le prophète le sait, il faut une déchirure dans l'âme pour laisser passer le Divin de l'un à l'autre monde. En prendre conscience, l'énoncer, la ressentir, c'est Lui ouvrir la porte. À cette merveilleuse formulation, à ce cri de désir et d'amour, Dieu ne résiste pas, Le voici qui descend. C'est en l'homme, cette argile par lui façonnée que, nous dit maintenant Paul, le « Christ s'est implanté solidement ».
En descendant, Dieu a, en quelque sorte, plu sur l'humus de l'être humain. Le Tout-Puissant à notre appel fait fondre les insurmontables montagnes, son eau descend sur nous qui étions « souillés » et « desséchés », dit Isaïe. Lavés, abreuvés, fécondés, nous voici prêts à l'accueillir parmi nous. En chacun de nous repose désormais Sa confiance, nous sommes les portiers de sa demeure, veillons ! rappelle Jésus. Oh, ne sommes-nous pas infiniment heureux, d'avoir à garder le jardin de notre vie intérieure pour Lui, qui s'apprête à venir, revenir ?
2
Dimanche dernier, saint Paul nous a dit que le Christ s'était solidement implanté en nous. L'homme a laissé monter son cri vers Dieu, et il a reçu en réponse une forme de parole proprement divine : un être vivant ! Un être qui est encore une promesse, tout en étant déjà là, implanté dans notre humus d'humains. « Cela » a beau venir du ciel, voilà qui n'a rien d'éthéré. C'est dans la chair bien terrestre de Marie que se trouve le Christ. Rien de ce qui est divin ne nous étant étranger - à partir du moment où nous avons trouvé le Christ - c'est bien en nous aussi qu'il s'apprête à venir, revenir, au monde.
Et c'est l'immense beauté des textes de la liturgie, de nous inviter vivement à revivre pleinement l'aventure de Marie. Car l'enjeu est absolument essentiel. Il ne s'agit pas seulement, pour chacun de nous, de veiller à son propre épanouissement spirituel. C'est toute l'humanité qui veut être épanouie, comme l'est Marie, enceinte de cet Enfant. Le Saint-Esprit nous le souffle, rien ne pourra avoir lieu pour tous sans avoir d'abord lieu en chacun. Et nul ne pourra être totalement assumé si tous ses frères ne le sont aussi. Chaque responsabilité est capitale. Dans ce dialogue inouï qui a commencé entre Dieu et nous, où Dieu se fait proche au point d'implanter en notre sein sa parole, nous sommes appelés à nous dépasser au-delà de l'imaginable, pour pouvoir répondre vraiment et dignement.
Comment ? Eh bien, nous en sommes aujourd'hui aux grands travaux. Avec Isaïe, affrontons désert et montagnes, aplanissons l'espace, voyons droit, faisons le vide pour accueillir le Seigneur. Élargissons aussi notre perception du temps, comme saint Pierre nous invite à le faire, car autre est le temps du Tout Autre, et si nous ne changeons d'heure, nous manquerons le rendez-vous ! Entrons dans le temps de la contemplation, devenons vraiment temple, nous qui portons l'Enfant à naître. Marc nous le rappelle, par le baptême de Jean nous connaissons de nouveau l'immersion, comme fœtale, dans l'eau de l'attente, du temps suspendu... À dans sept jours !
3
Oh, comme cela se rapproche ! Nous sommes à la troisième semaine, dans moins de deux semaines Il sera là, et déjà l'âme voit et exulte ! Voici que le sens de Sa venue se précise. Avec sa délivrance, la Vierge parturiente apportera aussi la délivrance à tous ceux qui sont dans la peine, par la situation matérielle, par le cœur ou par l'esprit : de « captifs » que nous sommes, comme le dit Isaïe, nous deviendrons jeune époux ou mariée, revêtant les vêtements du salut, prêts pour la grande rencontre d'amour. Ce qui fait son chemin dans notre terrain bien préparé, c'est aussi « la justice et la louange devant toutes les nations », une révolution universelle.
Et notre cœur comme celui de Marie bondit, notre bouche d'elle-même s'ouvre pour dire notre gratitude, notre éblouissement dans la vision du caractère magnifique de l'œuvre qui se fait en nous. Oh, Seigneur, laisse-moi chanter avec ton humble servante, que ses mots traversent ma chair et l'enchantent, qu'ils donnent naissance à d'autres louanges, paroles d'amour et d'allégresse que je sens monter en moi vers toi ! Oui, comme saint Paul que tu renversas sur son chemin, laisse-moi par ta lumière devenir aveugle, juste le temps de mieux t'entendre, d'entendre le témoignage de tes apôtres, de croire la promesse que tu leur fis transmettre !
Dans le désert se tient un homme, le premier Jean. Il est « la voix qui crie », et qui porte si loin qu'une fois coupée la tête de ce Jean un autre Jean viendra, reprendre, répercuter et développer cette Parole, dont il nous dira qu'elle est Dieu, donc immortelle. Oui, les temps sont en marche, et celui « qui vient derrière » nous, il est aussi en nous, et devant nous. Notre Seigneur qui nous as donné ta Parole, nous te parlons mais c'est toi d'abord qui nous appelle, des cieux où tu veux nous élever. Que notre foi soit aussi fidèle que toi, nous te suivons, nous nous offrons pour l'accomplissement de ta promesse, nous continuons, même aux heures de silence. Dans sept jours nous reviendrons prier ensemble, mais nous n'aurons pas cessé de prier.
4
Une semaine a passé depuis la dernière fois que nous avons ensemble, avec Marie, chanté vers le Seigneur. Une semaine de notre temps d'humains, notre temps d'eau et de terre, où Dieu a implanté le Christ. Et comme, entrant dans la contemplation, nous sommes partis à la rencontre de Celui qui vient - comme, obéissants, nous sommes entrés à l'intérieur du temple que nous sommes pour y recevoir la lumière, la prière qui élève ainsi que le père élève l'enfant, pour y trouver ce temps dans lequel la création du monde prend sept jours -, nous aussi nous avons démultiplié les heures telles des petits pains, et dans l'espace de cette semaine c'est un nouveau monde qui a pris corps en nous : Jésus, le nouveau-né.
Voilà, nous l'avons attendu. Et maintenant nous y sommes. Mais où sommes-nous ? À la place d'un vide, voici quelqu'un. D'où vient-il ? À peine né, cet être qui fut une promesse en nous se présente comme une nouvelle promesse. Il est tout entier là et pourtant toujours en devenir. Nous posant avec une force inouïe la question de l'origine. Il vient de sortir d'un être de chair, mais de toute évidence cette évidence ne suffit pas, ne répond pas à la question. Nous sommes abasourdis par le mystère, autant qu'émerveillés.
C'est pourquoi les textes de ce dimanche nous ramènent tout à fait dans le passé. Il peut paraître étrange, alors que l'Enfant naît, de revenir avec Luc sur le moment de l'Annonciation. Mais aujourd'hui, Paul le dit, le mystère est manifesté, et devant son éclat, nous sommes comme la vague qui se retire de la plage avant d'y revenir. Dieu par sa parole révélée nous montre le temps que nous avons parcouru avec lui, nous ramène jusqu'en cette nuit où il s'adressa au prophète Nathan pour lui confier son message, sa promesse. Faisons silence et entendons : c'est de nous-même que nous parle Samuel. Nous y étions, au début des temps. Ils sont en marche. Comme Marie, nous acquiesçons. Les sept jours qui viennent, depuis la source, nous allons aussi marcher, remonter lentement vers *, qui est désormais au milieu de nous.
5
Dimanche dernier nous avons compris que la parole de Dieu, en nous offrant un voyage dans le passé, nous invitait, au moment de la naissance de Jésus, à nous mettre en marche. Non pas depuis le superficiel présent, mais depuis l'origine, les tout débuts. Voilà ce que convoque en nous le désir de voir le Christ : la nécessité de connaître la profondeur du temps.
Et dans la Bible, très logiquement cela se passe comme chez Einstein : le temps et l'espace sont intimement liés. Jésus est né, il repose dans la mangeoire qui lui sert de berceau, lui dont le corps sera le pain du monde. C'est la trêve de Noël. Mais l'Enfant, si petit encore, doit grandir. Et nous aussi, sur ses pas. Déjà, la parole nous invite à sortir de la maison, de la douce paix de la crèche.
Afin qu'Abraham trouve la foi, le Seigneur « le fit sortir » pour lui montrer la grandeur du temps et de l'espace dans lesquels son histoire s'inscrit : celle du ciel entier ! Le chemin de l'homme à travers sa chair, de génération en génération, a valeur cosmique. Et cette valeur relève la petitesse des capacités humaines individuelles. De même que Sara engendre en-dehors du temps ordinaire, de même qu'Abraham s'en va, confiant, Joseph et Marie eux aussi se déplacent, portent Jésus à Jérusalem, vers Dieu et vers les hommes. La naissance du Christ nous entraîne, vers l'autre ou l'ailleurs.
Oui, la trêve prend fin. Syméon avant de quitter cette terre, dans une sorte de chassé-croisé avec l'Enfant qui vient d'y arriver, voit en Lui la lumière et le salut, mais aussi le temps du combat et de la douleur qui vient. « Ton cœur sera transpercé par une épée », annonce-t-il à Marie. Quelle parole extraordinaire ! C'est tout à la fois la crucifixion et la résurrection que portent secrètement ces mots. Car l'épée qui tue est aussi celle du Verbe qui rend vie. Nous sommes sortis hors de nous, mais nous pressentons que le Christ est venu opérer bien davantage : un déchirement dans le cœur des hommes, un déchirement d'amour, quoiqu'il coûte. Mais nous en sommes à marcher encore, à l'étoile, jusqu'à la semaine prochaine.
6
Il y a sept jours, sept jours dans le temps du dialogue entre Dieu et les hommes, Abraham est sorti de chez lui et a vu dans le ciel nocturne la grandeur cosmique de l'histoire humaine. Aujourd'hui c'est une étoile qui se lève au-dessus de nos têtes pour nous guider, avec les mages, vers l'éclatante manifestation de Dieu sur notre planète, cet « astre errant » (selon l'étymologie), la Terre. Car nous sommes faits de terre, car nous errons, mais nous sommes issus des étoiles, poussières d'étoiles comme disent les savants d'aujourd'hui, et notre voyage, inscrit dans l'ordre universel, a un sens, même si ce dernier nous demeure mystérieux.
Voilà donc que ces savants du monde ancien, les rois mages, venus de l'Orient, nous indiquent le sens de la marche, qu'eux-mêmes ont reçu de l'étoile : le but véritable, le seul but de l'homme, c'est d'aller à la rencontre de Dieu. Oui, nous l'avions bien pressenti la dernière fois, c'est de la source qu'il faut partir. La royauté de l'âme, c'est de venir de l'Orient, où le jour se lève sur la terre, en suivant le signe qui se lève dans le ciel. « Tes fils reviennent de loin, tes filles sont portées », dit Isaïe. En chemin le cœur de l'homme se dilate en même temps que le monde, l'homme prend sa pleine dimension universelle en même temps que l'espace et le temps se déploient dans toute leur splendeur autour du Créateur.
Que chacun rassemble ce qu'il a de plus précieux pour l'offrir au Christ nouveau-né ! Ce que nous avons de plus précieux doit pouvoir voyager longtemps, même à travers les déserts, doit pouvoir résister aussi aux paroles traîtresses des faux rois de ce monde. Ce que nous avons de plus précieux est léger, mais brille comme l'or, parfume et embaume comme la myrrhe et l'encens. C'est la science de l'amour, qui nous permet de discerner les signes de la présence réelle de Dieu. Qui, oui, se manifeste très réellement, pas seulement dans les belles vieilles histoires, mais en déchirant le voile de notre réalité, où Il veut, quand Il veut. Soyons attentifs, Il nous aime.
11:55 Publié dans Paroles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme
26.11.2009
Rompre les sceaux
Le lion de Juda est un des titres du Christ.
Or, souvent on associe Jésus au pti lapin, et lorsqu'on l'associe au lion, on imagine un gentil chaton parce que dans l'imaginaire occidental Jésus est un perdant ou une femelette. ...
Cette petite vidéo nous permet de voir ce qu'est un lion, en dehors des projections infantilisantes... Le Christ est le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, car il a vaincu...
Comment a-t-il vaincu la mort? Comme un lion détruit ses adversaires...
Comment devons-nous l'adorer? dans la crainte et la joie...
Oui, nous avons un défenseur...
Musique d'Ezechiel album Battledield, images de youtube, photos noir et blanc de Nick Brandt...
09:41 Publié dans Écouter voir | Lien permanent | Envoyer cette note
Signes
Le roi ordonna d'amener les accusateurs de Daniel et de les jeter dans la fosse aux lions, avec leurs enfants et leurs femmes ; or, avant même qu'ils soient au fond de la fosse, les lions les avaient happés et leur avaient broyé les os.
Daniel, 6
Jésus parlait à ses disciples de sa venue : «... Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête. Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors, on verra le Fils de l'homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire. Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. »
Luc, 21
la lecture du jour entière : ici
à suivre
09:35 Publié dans Paroles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme
25.11.2009
les doigts d'une main d'homme qui se mirent à écrire sur la paroi
On apporta donc les vases d'or enlevés au temple de Jérusalem, et le roi, ses grands, ses épouses et ses concubines s'en servirent pour boire. Après avoir bu, ils entonnèrent la louange de leurs dieux d'or et d'argent, de bronze et de fer, de bois et de pierre. Soudain on vit apparaître, à la lumière du candélabre, les doigts d'une main d'homme qui se mirent à écrire sur la paroi de la salle du banquet royal. Lorsque le roi vit cette main qui écrivait, il changea de couleur, son esprit se troubla, il fut pris de tremblement, et ses genoux s'entrechoquèrent.
Livre de Daniel, 5. Toute la lecture du jour ici
10:02 Publié dans Paroles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature, christianisme
24.11.2009
Je t'en supplie, garde dans ta chambre noire la lumière
16:42 Publié dans Écouter voir, Paroles, prières | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature, christianisme
Avant le soleil et la lune
"Lorsque les païens nous entendent dire, comme une parole de Dieu : Quelle reconnaissance pouvez-vous attendre, si vous aimez ceux qui vous aiment ? Mais on vous sera reconnaissant si vous aimez vos ennemis et ceux qui vous détestent. Oui, lorsqu'ils entendent ces paroles, ils admirent cette extrême bonté. Mais lorsqu'ils voient que nous n'aimons pas ceux qui nous détestent et même pas ceux qui nous aiment, ils se moquent de nous, et le nom de Dieu est blasphémé.
Ainsi donc, mes frères, si nous faisons la volonté de Dieu notre Père, nous appartiendrons à l'Eglise primordiale, à l'Eglise spirituelle, qui fut créée avant le soleil et la lune. Mais si nous ne faisons pas la volonté du Seigneur, nous relèverons de ce passage de l'Ecriture : Ma maison est devenue une caverne de bandits. Préférons donc appartenir à l'Eglise de la vie, afin d'être sauvés."
d'une Homélie du IIe siècle, auteur inconnu : voir ici
09:40 Publié dans Paroles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme
21.11.2009
Nourriture du jour
Avant de chercher l'homme il faut avoir trouvé la lanterne.
Friedrich Nietzsche (mon Fortune-Sushi du jour)
... et notre pain de ce jour, ici toujours :
Samedi 21 novembre 2009
Présentation de la Vierge Marie
Textes liturgiques © AELF, Paris
| Première lecture : Livre de Zacharie, 2,14-17 | |
| Chante et réjouis-toi, fille de Sion ; voici que je viens, j'habiterai au milieu de toi, déclare le Seigneur. En ce jour-là, des nations nombreuses s'attacheront au Seigneur, elles seront pour moi un peuple, et j'habiterai au milieu de toi. Tu sauras que le Seigneur de l'univers m'a envoyé vers toi. Le Seigneur prendra possession de Juda, son domaine sur la terre sainte ; il choisira de nouveau Jérusalem. Que toute créature fasse silence devant le Seigneur, car il se réveille et sort de sa Demeure sainte. » | |
| Psaume 44 (45) : Vierge Marie, pleine de grâce, tu es bénie entre les femmes. | ||
| Écoute, ma fille, regarde et tends l'oreille ; Il est ton Seigneur : prosterne-toi devant lui. Fille de roi, elle est là, dans sa gloire, Des jeunes filles, ses compagnes, lui font cortège ; | ||
| Evangile selon saint Matthieu, chapitre 12,46-50 | |
| Comme Jésus parlait encore à la foule, voici que sa mère et ses frères se tenaient au-dehors, cherchant à lui parler. Quelqu'un lui dit : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui cherchent à te parler. » Jésus répondit à cet homme : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? » Puis, tendant la main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une soeur et une mère. » | |
12:42 Publié dans Paroles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : vie
Source sans fond
Mon Christ, c'est toi
Que j'aime à travers lui.
Mon Dieu, tu as fait l'homme,
Le premier, si beau !
Mon cœur pleure
Et pleure encore, de joie.
12:34 Publié dans Paroles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme
20.11.2009
Le défi de la vie contemplative... "la danse s'introduit dans la liturgie et la prière"
«Qu'on l'entende bien: il ne s'agit nullement ici d'exaltation continue, d'excitation au plaisir facile, mais de cette exultation tout intérieure, de cette calme joie qui vient de Dieu, de la certitude de lui être uni, quoi qu'il se passe en nous, autour de nous, pourvu que nous demeurions orientés vers lui comme l'aiguille de la boussole, et que notre attention reste nourrie de sa parole.»
Dom Leclercq. Le défi de la vie contemplative
lire plus : ici
15:03 Publié dans Paroles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme
"nul ne pourra rien acheter ni vendre s'il n'est marqué au nom de la Bête ou au chiffre de son nom", Apoc, 13,17
Ça n'a pas l'air de meilleur goût que les autres fois, mais cette fois c'est dit, quelle source pure leur sale entreprise détourne et veut polluer. Sourions, nous connaissons la fin de l'histoire.
11:01 Publié dans Paroles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature
Maison
| Evangile selon saint Luc, chapitre 19,45-48 : ici | |
| Jésus entra dans le Temple, et se mit à expulser les marchands. Il leur déclarait : « L'Écriture dit : Ma maison sera une maison de prière. Or vous, vous en avez fait une caverne de bandits. » Il était chaque jour dans le Temple pour enseigner. Les chefs des prêtres et les scribes, ainsi que les notables, cherchaient à le faire mourir, mais ils ne trouvaient pas le moyen d'y arriver ; en effet, le peuple tout entier était suspendu à ses lèvres. | |
09:36 Publié dans Paroles | Lien permanent | Envoyer cette note
19.11.2009
Sourire dans le ciel
10:43 Publié dans Écouter voir | Lien permanent | Envoyer cette note
Tracer dans la ville
Lectures du jour, en entier ici
Premier livre des Maccabées, chapitre 2,15-29
... Alors Mattathias se mit à crier d'une voix forte à travers la ville : « Ceux qui sont enflammés d'ardeur pour la Loi, et qui soutiennent l'Alliance, qu'ils sortent tous de la ville à ma suite. » Il s'enfuit dans la montagne avec ses fils, en abandonnant tout ce qu'ils avaient dans la ville. Alors, beaucoup de ceux qui recherchaient la justice et la Loi s'en allèrent vivre au désert.
Psaume 49
Le Dieu des dieux, le Seigneur,
parle et convoque la terre
du soleil levant jusqu'au soleil couchant.
De Sion, belle entre toutes, Dieu resplendit...
| Evangile selon saint Luc, chapitre 19,41-44 | |
| Quand Jésus fut près de Jérusalem, en voyant la ville, il pleura sur elle ; il disait : « Si toi aussi, tu avais reconnu en ce jour ce qui peut te donner la paix ! Mais hélas, cela est resté caché à tes yeux. Oui, il arrivera pour toi des jours où tes ennemis viendront mettre le siège devant toi, t'encercleront et te presseront de tous côtés ; ils te jetteront à terre, toi et tes enfants qui sont chez toi, et ils ne laisseront pas chez toi pierre sur pierre, parce que tu n'as pas reconnu le moment où Dieu te visitait. » | |
10:10 Publié dans Paroles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme
18.11.2009
Échanges
19:40 Publié dans Écouter voir | Lien permanent | Envoyer cette note
17.11.2009
"Ça leur est possible, dit-elle. Pas à vous."
"Le Chemin sans chemin, là où les Fils de Dieu se perdent et, en même temps, se retrouvent."
Maître Eckhart
*
"... si l'on me demandait : "À quoi sert un gros cerveau ?", je serais tenté de répondre : "À trouver son chemin en chantant dans le désert..."
*
- "Cette peinture est un rêve de fourmi à miel (...)
- ... je pensais bien que cela ressemblait à une carte routière.
- Exactement, dit Mrs Lacey. (...) Les "tubes", comme vous les appelez, sont les sentiers du rêve."
L'Américain était captivé. "Et est-il possible d'aller voir ces sentiers du rêve ? Comme à Ayers Rock par exemple ? Ou un endroit comme ça ?
- Ça leur est possible, dit-elle. Pas à vous.
- Vous voulez dire qu'ils sont invisibles ?
- Pour vous. Pas pour eux."
Bruce Chatwin, Le Chant des pistes
16:05 Publié dans Paroles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature, christianisme
16.11.2009
au coeur du coeur
Au cœur du cœur de l'homme abandonné,
Une boule de fil noir, épais,
Qu'il se retient de dérouler,
Pour ne pas qu'il l'étrangle.
Une boule de fil noir qu'il se retient de regarder,
Pour ne pas qu'elle ouvre sa gueule
Et lui aboie en plein visage :
« Déchet ! déchet ! déchet ! »
Au cœur du cœur de l'homme rejeté,
Au centre de la boule de fil,
Un puits grand comme un point,
Puits de lumière : l'Homme,
Toujours vivant.
*
Mon frère, mon petit frère,
Qui t'a manqué d'amour ?
Mon pareil, mon enchevêtrement de chagrins et de joies,
Ma conscience douloureuse.
Elle est en moi, la faute.
Ne deviens pas mauvais, que je puisse en guérir.
Qui t'a giflé, que le petit enfant soit devenu ce que tu es ?
Je te présente ma demande
De pardon.
*
La paix du ciel descend sur moi,
Tendre, étrange paix,
Caresse qui vient, se pose, enrobe
Les éruptions continuelles
De visions, surgissant de mon corps.
Je vais libre dans le temps,
À tous les points de son chemin,
Mes yeux nourris des yeux du Roi
Dont je suis la poussière et les lèvres,
Foulée, abreuvées, fécondées.
À chaque baiser j'enfante, pauvre petite amante,
Par les pupilles, encore des cortèges
Sur le trajet de l'Histoire, livrée que je suis
Au miracle ordinaire d'une vie en Dieu.
*
Au centre du sternum,
Mon Verbe qui bat,
Cloué, en sang.
*
Ce soir j'entends le vent.
Ce soir je me tais.
Ce soir j'écoute
Le matin
23:21 Publié dans Paroles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme









