30.04.2009

Croix en moi

Au centre du sternum,
Mon Verbe qui bat,
Cloué, en sang.


La poésie, non

DSC05568.JPG"... il y a des choses que le système ne peut ni assimiler, ni digérer. Une de ces choses, je le dis avec force, est la poésie. On peut lire des milliers de fois le même livre de poésie, on ne le consomme pas. Le livre peut devenir un produit de consommation, l’édition aussi ; la poésie, non »

Pier Paolo Pasolini, cité ici par Jean-Louis Kuffer

La poésie n'est pas un produit de consommation. La poésie est une nourriture.

"L'ange de Yahvé revint une seconde fois, le toucha et dit : "Lève-toi et mange, autrement le chemin sera trop long pour toi."

"Sors et tiens-toi dans la montagne devant Yahvé."

Premier Livre des Rois, 19-7 et 19-11.

"Le cri d'un aveugle", dessin de Jean Moulin (le résistant), photographié au musée de Quimper.

Vis à vis

"On se souvient de la création d’une femme au premier matin du monde, "bâtie" du côté de l’homme endormi6. S’éveillant du tombeau au matin de Pâques, Jésus ressuscité trouve lui aussi une femme en vis à vis. Cette fois, elle a un nom"

Viviane de Montalembert, à lire en entier ici

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"cet ouvrage de dévoilement de ce qui est bon et beau"

"Quand donc la femme au parfum s'approche de Jésus pour lui verser l'huile parfumée sur la tête, elle ne se conduit pas en gentille petite dame qui ferait ses œuvres de charité. Elle fait une action qui l'apparente à Dieu, au Dieu qui a tout créé pour une fin et qui a établi sur terre des hommes et des femmes pour qu'ils se rencontrent et manifestent "son image et sa ressemblance" (Genèse 1, 26-28).

L'onction donnée par cette femme est donc vraiment une "œuvre bonne qu'elle a œuvrée" (ou "élaborée") : ce vocabulaire6 du travail rappelle une fois de plus les mots du commencement où Dieu, après avoir créé, se reposa "de tout le labeur qu'il avait élaboré" (ou : "de toute l'œuvre qu'il avait œuvrée"), comme le dit (Genèse 2, 2-3).

Cette femme, au commencement de la semaine sainte, dévoile par un geste simple que nous nous trouvons en présence du nouvel Adam : il est venu pour assumer et restaurer la création comme "œuvre belle" que le Seigneur a "œuvrée" pour nous dès le commencement. Elle participe à cet ouvrage de dévoilement de ce qui est bon et beau, en honorant avec profusion le corps du Fils.

On comprend la réaction de Jésus : "partout  où l'évangile sera proclamé, dans le monde entier, on racontera aussi en mémoire de cette femme ce qu'elle a fait" (Marc 14, 9). La réaction du Christ est disproportionnée si cette femme s'est contentée de "faire la charité" ; cette réaction est compréhensible dans sa dimension "cosmique" quand on replace le geste de cette parfumeuse dans l'œuvre belle et bonne inaugurée par Dieu."

Philippe Lefebvre, texte À LIRE vraiment, en entier, ici

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29.04.2009

La Vision du Sermon, de Paul Gauguin

gauguin_ange.jpg

28.04.2009

Eppur si muove

 

miltonj.jpg

Le poète John Milton visitant Galilée

27.04.2009

Paix

La paix du ciel descend sur moi,
Tendre, étrange paix,
Caresse qui vient, se pose, enrobe
Les éruptions continuelles
De visions, surgissant de mon corps.
Je vais libre dans le temps,
À tous les points de son chemin,
Mes yeux nourris des yeux du Roi
Dont je suis la poussière et les lèvres,
Foulée, abreuvées, fécondées.
À chaque baiser j’enfante, pauvre petite amante,
Par les pupilles, encore des cortèges
Sur le trajet de l’Histoire, livrée que je suis
Au miracle ordinaire d’une vie en Dieu.


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26.04.2009

Demande

Mon frère, mon petit frère,
Qui t’a manqué d’amour ?
Mon pareil, mon enchevêtrement de chagrins et de joies,
Ma conscience douloureuse.
Elle est en moi, la faute.
Ne deviens pas mauvais, que je puisse en guérir.
Qui t’a giflé, que le petit enfant soit devenu ce que tu es ?
Je te présente ma demande
De pardon.


L'Homme

Au cœur du cœur de l’homme abandonné,
Une boule de fil noir, épais,
Qu’il se retient de dérouler,
Pour ne pas qu’il l’étrangle.
Une boule de fil noir qu’il se retient de regarder,
Pour ne pas qu’elle ouvre sa gueule
Et lui aboie en plein visage :
« Déchet ! déchet ! déchet ! »
Au cœur du cœur de l’homme rejeté,
Au centre de la boule de fil,
Un puits grand comme un point,
Puits de lumière : l’Homme,
Toujours vivant.


Je brûle

Je brûle.
Ô feu nourri, serré,
Qui monte par mon corps
Évidé, pure lumière
Brûlure qui cherche
Par mes yeux son reflet
Aux visages des hommes,
Cherche l’instant où la brûlure leur vient,
Cherche les visages, si rares,
Où la brûlure vit, en vérité,
Profondément, travailleuse,
Travaillée, même brûlure, longue,
Inextinguible, du chercheur de Dieu.
Je brûle.
Pitié ! Gloire !
Je brûle de Lui,
Je monte vers Lui,
Tantôt lente et tantôt jaillissante,
Je me nourris des yeux puis je rentre en ma nuit,
Habiter mon ardeur
Au secret de l’inimaginable Union.


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