30.05.2009
Notre-Dame de la Fin des Terres
à Soulac-sur-mer
22:59 Publié dans Écouter voir | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme
Ciel, Coeur, Sang
En pleine chair du ciel, sous les toits de Dieu,
Dans Ses branches bruissantes, Ses oiseaux
Tissent le nid de notre devenir.
Innombrables tes branches, Seigneur,
Jaillies du même nid,
Mon cœur.
Ruisselantes mes larmes, Amour,
Quand je les pleure
Contre ton cœur.
Dieu mon amour, dans tes bras buissonnants
Je meurs sous tes baisers,
Au nid de la douleur éclose, où Tu nous ressuscites.
*
Être Son autel.
Son cœur, coupe de vin dressée dans ma poitrine
À deux battants, qu’Il ouvre.
Boivent le Sang les goules, que sa lumière
Tue en elles la mort.
Le linge claque au vent, les voiliers
Quittent le port de corruption,
Je me laisse pour morte, d’amour.
*
Terre irriguée du Sang qui vient
Par les racines de sa vigne, chauffées
La nuit des cailloux tout gorgés de soleil.
22:50 Publié dans prières | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme
29.05.2009
Lutte
Toute la nuit le vent,
Décharnant l’océan.
Restons ensemble, Dieu,
Que la prière, l’infime chuchotement
Des brisures de prière qui luttent
Dans le vacarme des éléments,
L’infime reste de prière dans la parole disloquée,
L’infime contact tenu dans la tempête,
Nous sauve !
16:12 Publié dans prières | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme
27.05.2009
Le Cantique des Créatures
23:24 Publié dans prières | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme
Journal, la vie sans fin
Présence
24-5-08
Dormi dans le bruit de la pluie fine tombant sur les feuillages et les ardoises du toit, mêlé à celui des eaux du gave, qui monte de la faille où il s’écoule en bondissant, entre les montagnes.
Rêvé que j’étais en compagnie de Dieu et de Bouddha, tous trois baignant dans une lumière d’or.
Locus solus
25-5-08
Tout à l’heure en avançant dans mon roman, soudain je me suis retrouvée dans un lieu d’être inconnu. L’effet est un peu le même que lorsque, après avoir assez longtemps marché à travers la forêt en dehors des sentiers, on se rend compte soudain que l’on ne sait plus où l’on est, que l’on n’a jamais vu cet endroit, qu’il ne s’y trouve personne, que l’on y est le seul être humain, et perdu. Que l’on a pourtant envie de poursuivre plus avant, pour voir, sans être tout à fait sûr de pouvoir ensuite retrouver son chemin.
Ce n’est évidemment pas la première fois qu’un texte m’emmène dans un endroit inconnu, mais au lieu que je m’habitue, c’est le contraire qui se passe. L’épreuve devient de plus en plus étrange et risquée. Une certaine Vérité m’appelle, elle veut que je la dévoile, et cela ne peut se faire que par un chemin poétique qui se nourrit à ma chair spirituelle. Je dois avouer que c’est très fatigant. Après avoir écrit une ou deux pages, avant de pouvoir continuer, alors même que j’ai ma vision de la suite devant les yeux, je dois m’interrompre plusieurs heures, pendant lesquelles je suis presque prostrée, en tout cas épuisée comme si on m’avait largement entamée à la petite cuillère.
26-5-08
C’est ce que j’écris qui m’épuise. Depuis hier que j’en suis à ce passage très sombre de mon roman, je suis de plus en plus exténuée. Aujourd’hui j’avais les paupières supérieures noires comme si je les avais charbonnées, quoique j’aie très longuement dormi. Et des courbatures, des vertiges. Ou bien j’ai attrapé la grippe sous la pluie, mais ce n’est pas mon genre. Cet après-midi, il s’est mis à faire beau, je me suis forcée à partir en promenade là-haut près du gave, pendant plus de deux heures. Cela m’a fait le plus grand bien, mais je suis rentrée trop fatiguée pour seulement me servir un verre d’eau. Je me suis remise au lit, et maintenant je me suis relevée, j’ai bu et mangé, et je me suis installée sur la banquette dehors sous le sureau, avec une couverture sur moi et une grande paix, comme l’été 2006 où j’étais anémiée, d’avoir perdu beaucoup de sang et d’avoir perdu un début d’enfant, qu’à Lourdes j’avais confié à Marie. En vertu de ce vœu, de toute façon j’aurais écrit un livre sur ce lieu, qui continue de me solliciter.
La fatigue liée à ce passage de mon roman vient du fait que je dois convoquer les démons, pour l’écrire, et en même temps les chasser, pour vivre.
Un peu plus tard : il est neuf heures du soir, il y a plus de deux heures que je suis à la même place, sans bouger ni rien faire, hormis écrire ces quelques lignes précédentes et présentes. Je viens de voir un chevreuil traverser très tranquillement ma prairie, en goûtant des feuillages ici et là, avant de s’enfoncer dans la forêt. Il m’a regardée à plusieurs reprises, mais comme je restais immobile il n’a pas eu peur.
Dès qu’il fait sombre, je rentre et je vais me régaler avec les marasmes des montagnes (exquis tout petits champignons des prairies que tout le monde ignore) que j’ai ramassés cet après-midi.
Un gros oiseau, que je n’avais pas vu se poser sur le faîte du toit, juste au-dessus de la fenêtre de ma chambre, vient d’en décoller avec un lourd bruit d’ailes. Il est parti vers la forêt, à cause de la pénombre je n’ai pas pu déterminer quel oiseau c’était. Salut à toi, mon compagnon d’esprit.
Je ne sais pas comment c’est possible d’être aussi heureux. Mais je me suis demandé ça déjà des milliers de fois dans ma vie, car je suis faite pour le paradis, et tant pis si je souffre à proportion, quand je le perds. Il me regagne toujours.
27-5-08
Je me réveille, je vais dans mon roman par la pensée. J’apprivoise les lieux, les êtres, les situations, je me promène dans ses temps. Je lui donne vie en esprit, il grandit lentement, apercevoir les beautés de la suite me donne courage pour finir d’écrire, et donc de traverser, ce sombre passage du texte.
Ce matin encore il pleut, il pleut, il pleut. À Paris aussi, paraît-il. À midi je reçois par téléphone tout l’amour de chez moi, là-bas. Je suis heureuse d’être ici, je serai heureuse quand je rentrerai, auprès de mes trois gars – cet été ils seront quatre, car O et P ont le projet de faire des travaux ensemble à la maison les deux mois ; je me nourrirai de leur joie, de leur charme et de leur force, je les nourrirai de ma cuisine et de mes sourires, ça me va ; et si ça ne me va plus, je m’évaderai quelque temps, comme je fais toujours, c’est simple ! Demain Lourdes, pour quelques jours. Où je vais retrouver d’autres personnes pas comme les autres, d’autres personnes gratuites, où je vais retrouver l’amour. Je suis chez moi partout où j’aime.
Début d’après-midi. Jamais on n’a lu quelque chose qui ressemble à ce que je suis en train d’écrire. Les mots dévalent tout seuls de ma plume. N’empêche, c’est éreintant d’être ainsi traversé. Je m’arrête un peu, dormir peut-être.
Au lieu de dormir je me lève, j’ouvre ma porte-fenêtre, je regarde : surgit de la forêt un beau chevreuil, plus grand que celui d’hier et aussi paisible. Quel ravissement, chaque fois.
Du coup, je suis sortie, j’ai chaussé les bottes en caoutchouc, qui font tchouc tchouc quand je joue à passer dans la boue. À deux cents mètres plus haut, il neige, la montagne est joliment saupoudrée. J’adore me promener sous la pluie. Sous la neige aussi. Et au soleil. Et même dans la brume. Dans un certain endroit que je connais, les fraisiers ont poussé en abondance. Dans un mois, j’y retourne pour la cueillette. Dans la forêt je me suis bien trempée, tous les branchages perlent d’eau, les mousses sont gonflées comme des éponges, au sol le tapis de feuilles mortes craque moëlleusement sous la morsure des pas, mille-feuilles fourré de pluie, les pierres lisses glissent sous les pieds, le pantalon tout mouillé gaine les cuisses de délicieuse fraîcheur. J’ai eu très envie de monter à cheval.
Mon Dieu, merci pour ce livre que tu me donnes d’écrire. Merci pour les êtres de beauté dont tu m’entoures. Je ne les mérite pas plus que je n’ai mérité le mal qui m’a été fait, mais mal ou bien viennent simplement en leur temps et suivant ton plan, me travailler pour me rendre apte à faire ce que tu veux que je fasse. J’ai confiance absolument, je coopère de mon mieux et je m’abandonne à toi. Je te le dis publiquement, espérant que chacun ait envie de te connaître aussi, jour après jour, sache ta grandeur et entre en dialogue et alliance avec toi.
28-10-08
Hier soir cueilli des herbes pour mon dîner, puis suis allée me poster où je sais que les chevreuils aiment passer, debout immobile sous la pluie et cachée par un buisson, une quarantaine de minutes. Nul n’est venu sinon l’obscurité, qui m’a fait rentrer ; ce fut un bon moment, à écouter les gouttes tomber sur ma capuche, tout autour de ma tête. Tout à l’heure je vais faire la connaissance d’une petite fille d’un mois, quelle joie ! J’espère que je pourrai la prendre dans mes bras. Avant de partir pour Lourdes je tape ce que j’ai écrit hier de mon roman dans mon cahier. Je tremble un peu, j’ai presque le trac, de quitter ma solitude.
À Dominique Autié
Merci pour votre amitié, votre fidélité, votre confiance, votre humanité profonde, votre regard clair, et le secours que vous m’avez apporté dans un moment de grande détresse, par l’écrit et par la voix, avec la finesse et la délicatesse que l’on vous connaît.
Merci pour le temps extraordinaire que nous avons passé ensemble, avec aussi mon compagnon et mes enfants, dans l’éternité retrouvée de la grotte de Gargas, que nous aimons tant.
Merci pour vos livres, vos écrits, et de rester parmi nous qui sommes nombreux à vous avoir suivi et aimé.
Cher Dominique, sur les voies où vous êtes maintenant, venez faire halte et vous reposer dans mon cœur quand vous le voulez. Vous connaissez le chemin de ma maison : c’est celui de tout homme, entre deux lumières. À bientôt, je vous embrasse,
Alina
Retour
Barèges, 1-6-08
Ce dimanche après-midi, en remontant de Luz, j’étais très triste. Une fois chez moi, je suis partie dans la forêt, je me suis assise sur un rocher, et je suis restée là je ne sais combien de temps, à regarder les arbres autour de moi, qui ont fini par s’animer, m’entourer, m’apporter consolation.
Au bout d’une heure peut-être je suis partie vers la prairie, et là, un chevreuil évoluait paisiblement, paissant ici et là. Je l’ai contemplé, jusqu’à ce qu’il reparte dans le bois du ravin.
Alors j’ai senti les oiseaux au-dessus de ma tête. Deux vautours tout proches m’ont survolée en silence, avant de disparaître derrière l’horizon des faîtes. Trois autres sont apparus un peu plus loin, puis ils ont été cinq, puis sept, enfin une trentaine, décalés vers l’est, tournant inlassablement, pendant plus d’une heure encore.
Le soleil s’est dégagé nettement des splendides cumulus blancs bordés d’anthracite, et je me suis assise dans sa lumière, à même l’herbe odorante, à regarder le ciel et la ronde des grands rapaces noirs et fauves. De temps en temps une goutte d’eau tombait, et dans l’indécision du temps, tout devenait surréellement éclairé.
Quand ils sont partis, c’est un nombreux troupeau de vaches qui est venu se répandre autour de ma maison, les belles vaches d’ici, châtain et portant de grandes fières cornes, accompagnées d’un jeune taureau et d’une ribambelle de veaux encore tout petits. Là, de nouveau, je suis restée à les regarder avec grand plaisir, jusqu’au moment où j’ai estimé que ça suffisait et où je les ai chassées, qu’elles aillent bouser ailleurs. Voilà, la fin de l’après-midi était venue, il ne me restait plus qu’à songer à accomplir les préparatifs de départ.
11:01 Publié dans Paroles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature
Prière bouddhiste
Voici ce qui doit être accompli par celui qui est sage, qui recherche le bien et a obtenu la Paix.
Qu’il soit appliqué, droit, parfaitement droit, sincère, humble, doux, sans orgueil, content de toute chose et joyeux; qu’il ne se laisse pas submerger par les soins du monde, qu’il ne se charge pas du fardeau des richesses, que ses sens soient maîtrisés; qu’il soit sage, sans être hautain, et ne convoite pas des biens de famille.
Qu’il ne fasse rien qui soit mesquin et que les sages puissent réprouver.
Que tous les êtres soient heureux.
Qu’ils soient en joie et en sûreté.
Toute chose qui est vivante, faible ou forte, élevée, moyenne ou basse, petite ou grande, visible ou invisible, près ou loin, née ou à naître, que tous ces êtres soient heureux.
Que nul ne déçoive un autre ni ne méprise aucun être si peu que ce soit : que nul, par colère ou par haine, ne souhaite de mal à un autre. Ainsi qu’une mère au péril de sa vie surveille et protège son unique enfant, ainsi avec un esprit sans entraves doit-on chérir toute chose vivante, aimer le monde en son entier, au-dessus, au-dessous et tout autour, sans limitation, avec une bonté bienveillante et infinie.
Étant debout ou marchant, étant assis ou couché, tant que l’on est éveillé on doit cultiver la pensée que cela est la manière de vivre la meilleure du monde.
Abandonnant les discussions oiseuses, ayant la vision intérieure profonde, débarrassé des appétits des sens, celui qui est perfectionné ne connaîtra plus de renaissances.
![]()
Mettasutta (Sutta de la bonté bienveillante),
dans Pirit Nula : le fil de Pirit (texte et références ici)
main (agrandissable) trouvée ici
09:52 Publié dans prières | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme
26.05.2009
La prière de Jésus, ou prière du coeur
09:49 Publié dans prières | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme
Triangles
Chaque fois que je remonte la rue Buffon, j’entends des milliers de pépiements d’oiseaux sur mon passage. Ce ne sont pas des oiseaux, mais les petits fruits jaunes qui constellent la frondaison des citronniers plantés le long, si bien qu’on les dirait en marche, du Jardin des Plantes.
Dans la cour de la Mosquée, des moineaux descendent des figuiers sur mes lèvres, où ils chantent les figues quand au retour je m’adonne aux baisers.
Bleue Terre au bout de sa chaîne d’or, Marie en ce jour repose entre mes seins, dans mon nid de duvet blanc.
Journal, 8-12-07
09:40 Publié dans Paroles | Lien permanent | Envoyer cette note
Prier en chant
00:57 Publié dans prières | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme
Une lecture de la parabole des talents
"...
Si bien que maintenant, le sens de la parabole se renverse. Le préféré, oui, le privilégié du Seigneur n’est pas le titulaire des cinq talents, ni celui des deux talents : chacun d’eux a certes reçu un reflet du UN sous une modalité qui lui permettra de le faire fructifier en ce monde - mais celui qui a reçu «le plus» qualitativement, c’est le petit, le «pauvre» ou plutôt l’infiniment riche et choyé de Dieu qui a été visité en personne et chez qui l’Unique talent a élu sa demeure.
* Un usage et une explication…
Qu’en a-t-il fait ? Dans le livre de l’Exode, à Moïse construisant l’Arche de l’Alliance, le Très-Haut recommande :«Tu emploieras un talent d’or pur pour le candélabre et tous ses accessoires.» (Ex XXV, 39). C’est bien le moins de fondre son talent d’or pour en faire la sainte menora.
Or chez Luc, à l’inverse, le serviteur a enveloppé sa mine d’un linge, oui, l’a drapée d’un suaire, ensevelie ; et chez Matthieu, il a enfoui son talent ineffable dans la terre, l’a tué, et enterré son cadavre. Il a mis sa lumière sous le boisseau (5). N’ayant pas reconnu le cadeau pour ce qu’il est – l’or de la Promesse - il a décrété Dieu absent, Dieu mort.
D’où la colère du maître et la polémique qui s’ensuit, dans laquelle le serviteur met le comble à son iniquité en attribuant au Seigneur les défauts des maîtres de ce monde, que lui-même cultive en son cœur. De même qu’il a pris le talent en comptable expert – quantitativement - et l’a jugé négligeable, ne valant pas qu’on se démène, il accuse le maître d’être «âpre au gain», de vouloir moissonner sans avoir semé et ramasser sans avoir répandu. Et le maître, comme impuissant à le convaincre de revenir sur ce contresens accablant, le prend au mot, lui répondant en somme : « Puisque tu penses ainsi en terme de rentabilité, tu aurais dû au moins agir conformément et multiplier en quantité le talent que je t’avais donné. C’eût été un moindre mal à mes yeux d’être un productiviste avisé plutôt qu’un nihiliste, un meurtrier de l’Éternel ». Il aurait tant voulu pouvoir lui dire comme aux autres : «…en peu de choses tu as été fidèle, sur beaucoup je t’établirai ; entre dans la joie de ton seigneur». Mais l’ingratitude de l’homme est totale : il a pêché froidement contre l’Esprit. D’où la condamnation, et la relégation dans les ténèbres extérieures qu’il a créées lui-même, en lui-même.
...
la grâce de ramener les cœurs à l’icône, l’ombre portée, la sainte face de l’UN qui tout crée, et maintient et rachète."
Luc de Goustine, à lire entièrement ici
00:33 Publié dans Paroles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme



