31.08.2009

Brillantes jeunes étoiles bleues

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image avec son commentaire sur Ciel des hommes

Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin

Jésus vint à Nazareth, où il avait grandi. Comme il en avait l’habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture. On lui présenta le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit : L'Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m'a consacré par l'onction. Il m'a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu'ils sont libres, et aux aveugles qu'ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération, annoncer une année de bienfaits accordée par le Seigneur.
Jésus referma le livre, le rendit au servant et s'assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui. Alors il se mit à leur dire : « Cette parole de l'Écriture, que vous venez d'entendre, c'est aujourd'hui qu'elle s'accomplit. »
Tous lui rendaient témoignage ; et ils s'étonnaient du message de grâce qui sortait de sa bouche. Ils se demandaient : « N'est-ce pas là le fils de Joseph ? » Mais il leur dit : « Sûrement vous allez me citer le dicton : 'Médecin, guéris-toi toi-même. Nous avons appris tout ce qui s'est passé à Capharnaüm : fais donc de même ici dans ton pays !' »
Puis il ajouta : « Amen, je vous le dis : aucun prophète n'est bien accueilli dans son pays. En toute vérité, je vous le déclare : Au temps du prophète Élie, lorsque la sécheresse et la famine ont sévi pendant trois ans et demi, il y avait beaucoup de veuves en Israël ; pourtant Élie n'a été envoyé vers aucune d'entre elles, mais bien à une veuve étrangère, de la ville de Sarepta, dans le pays de Sidon. Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; pourtant aucun d'eux n'a été purifié, mais bien Naaman, un Syrien. »
A ces mots, dans la synagogue, tous devinrent furieux. Ils se levèrent, poussèrent Jésus hors de la ville, et le menèrent jusqu'à un escarpement de la colline où la ville est construite, pour le précipiter en bas. Mais lui, passant au milieu d'eux, allait son chemin.


Evangile selon saint Luc,chapitre 4,16-30, lecture du jour

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29.08.2009

Un coeur

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Donne-moi Seigneur, un coeur vigilant,
Que nulle curieuse pensée n'entraine loin de toi ;
Un coeur noble que nulle indigne affection n'abaisse ;
Un coeur droit que nulle intention équivoque ne dévie ;
Un coeur ferme que nulle adversité ne brise ;
Un coeur libre que nulle violente passion ne subjugue.

Accorde-moi, Seigneur mon Dieu,
Une intelligence qui te connaisse,
Un empressement qui te cherche,
Une sagesse qui te trouve,
Une vie qui te plaise,
Une persévérance qui t'attende avec confiance,
Et une confiance qui te possède à la fin .

Prières de saint Thomas d'Aquin, Art catholique, 1920

reçue par croire.com

*

Naissance de Botticelli

28.08.2009

Beauté, gratuité de l'invisible

Chaque fois que j'ai vu des animaux sauvages, cet été, comme toujours je suis restée à saisir ce moment de contemplation dans toute sa joie, avant de songer à essayer de prendre une photo. Je n'ai qu'un petit appareil, de près il fait fuir l'animal, de loin il ne le voit pas assez. Peu importe, l'instant fut.

Comme celui où j'ai vu un étourdissant ballet de dauphins, du bateau, au retour des îles Chausey. Quand j'ai pris l'appareil, ils ont disparu dans un peu d'écume (au fond le mont Saint-Michel, tout petit sur l'horizon).

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27.08.2009

La Vierge et l'Enfant de Fouquet

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à l'âge de vingt ans, déjà mère d'un fils, je suis allée à l'abbaye de Fontevraud voir Aliénor d'Aquitaine, que j'aimais, avec son fils Richard Coeur de Lion, puis au proche château de Loches où j'ai trouvé une reproduction de ce tableau pour lequel posa Agnès Sorel. J'ai de suite très vivement aimé sa pureté mathématique, et dès lors je gardai toujours cette carte postale au mur de ma chambre, avant d'aller, bien plus tard, contempler le tableau à Anvers.

Louis Massignon, Valeur de la parole humaine

"Credidi, propter quod locutus sum", dit le Psalmiste, "J'ai cru, et c'est pourquoi je parle".

Au sens plein, la parole est un psaume, une prière "arrachée" hors de nous-même.

 

Écrits mémorables, I, collection Bouquins

06:45 Publié dans Paroles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : christianisme

26.08.2009

"Le scarabée d'or", d'Edgar Allan Poe

zgoldb01.jpg"A good glass in the bishop's hotel in the devil's seat forty-one degrees and thirteen minutes north-east side shoot from the left eye of the death's-head a bee-line from the tree through the shot fifty feet out."

texte en anglais et image ici


en savoir plus en français ici

 

"Peut-être un des plus beaux exemples de pure littérature." dit ici François Bon.

13:17 Publié dans Paroles | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : littérature

25.08.2009

« Siloé », de Paul Gadenne

« Dès son réveil, il tendait l’oreille vers la fenêtre et s’appliquait à isoler, sur le fond des murmures qui régnaient dans la maison, une rumeur grave et autoritaire, à laquelle il sentait qu’un bonheur mystérieux était lié. Complètement allongé sous ses draps, les pieds touchant aux barreaux du lit, le corps étiré, la tête renversée, les reins posés sur la charnière même de l’univers, immobile, il se laissait remplir par cette clameur sauvage, par ce grondement qui s’emparait du ciel et se soumettait tous les silences, par cette parole surhumaine qui parlait pour toute la nature et racontait la terre, depuis le chaos. C’était une parole haute et dure, une parole sans faiblesse, une voix de commandement. C’était une parole qui, à des moments, se heurtait à un arbre, à un rocher, et les entraînait. Cette parole-là tombait du ciel, elle coupait en deux la montagne, et sonnait contre le granit. Elle avait de grands espaces de rochers, de terre, de prairie à parcourir. Elle retentissait au-dessus des temps.
Alors, parfois, sachant que cette parole avait pénétré son sommeil et que, le voulût-il ou non, il l’avait toute la nuit recueillie en lui, comme si elle avait coulé le long de sa chair, il se levait en hâte, se précipitait jusqu’au balcon, et se mettait à scruter le brouillard, à la recherche du torrent – de ce chant qui retentissait, là-bas, sculptant la terre et recomposant chaque matin la figure du monde.

 

(…)

 

Simon, qui s’était levé, sentit sur lui la morsure de l’air matinal. Mais cette morsure était inoffensive. Cette caresse brutale était pleine d’une promesse de vie, et il aurait voulu se dépouiller pour lui offrir son corps. (…) pour la première fois, à la vue de ces cimes illuminées, de ces reposoirs incandescents qui ne faisaient que marquer des étapes vers une plus grande, vers une définitive clarté, il comprit que le bonheur qu’il devait désormais attendre de la vie n’était pas celui qu’il avait souhaité. De même que cet air exigeait qu’on se dépouillât pour le recevoir plus pur, ainsi comprenait-il soudain que son être entier allait avoir à se dépouiller de la croûte sous laquelle il végétait et qui obscurcissait jusqu’à ses sens. Cette aube ne se levait pas seulement sur la terre, elle se levait sur son âme, et il la recevait comme un sacrement.

 

(…)

 

Simon reçut encore d’autres lettres. Lorsqu’elles ne le plaignaient pas, elles lui rappelaient toutes, âprement, l’existence des fameuses « réalités », l’existence des villes, de la vie grégaire, de ses ambitions, de ses tracas. On ne voulait pas lui laisser « oublier » ; on semblait lui contester le droit d’être « ailleurs », de s’élever, de changer, d’avoir une vie à lui, d’exercer sa force… Mais toutes ces lettres (…) quoique datées de la veille, elles tombaient en poussière entre ses mains…

 

(…)

 

La prairie respirait paisiblement, avec lenteur, comme un être comblé, et le soleil se roulait sur elle, réjouissant les fleurs, les bêtes, la terre même, et il n’y avait au monde, il n’y avait dans tout l’univers que ces deux êtres venus à la rencontre l’un de l’autre, cette conjonction majestueuse, cette prairie et cet astre mélangés d’où coulait une odeur d’amour, un appel surhumain au bonheur… Simon relut ce qu’il avait écrit : « Si tu n’as pas vécu en ces lieux, si tu n’as pas respiré de la respiration même de cette terre, si tu n’as pas eu, une fois, le sentiment que ta vie allait peu à peu vers un allègement, vers une simplicité qui… tu sais, comme quand on ouvre une lucarne en haut d’une pièce très silencieuse et très obscure et qu’on entend tout à coup le bruit du ciel… »

 

(…)

 

C’est que sous l’édifice intellectuel qu’il avait travaillé pendant tant d’années à construire en lui-même pour devenir un civilisé supérieur – comme si tout le travail de la civilisation consistait à se préserver de la vie – quelque chose venait de se nouer entre lui et l’être à peu près inconnu qui avait surgi sous ses yeux, à cause de ce geste inattendu de petite fille qui cherche à retenir la rivière avec ses mains, à cause du son de sa voix, fluide et translucide, à cause de cette aisance incroyable avec laquelle elle faisait ou disait la moindre chose ; et il éprouva un espoir merveilleux : il lui sembla que toutes les impulsions mortes en lui depuis des années, depuis l’enfance, allaient maintenant se remettre à vivre.
- Je suis sûr que cette eau est glacée, dit-il. Vous aurez froid.
Elle prit un air amusé, enfantin.
- J’aime toucher les choses. C’est un besoin.
- Même l’eau ?
- J’aime tout ce qui sort de la terre, dit-elle, tout ce qui y rentre.
(…) De plus en plus elle semblait être à l’aise au milieu de cette obscurité, de cette pluie, de ce vent d’où elle avait surgi et dont elle parlait sans frayeur, comme on parle de choses avec lesquelles on a des relations familières. Simon avait l’impression qu’il n’existait pas d’obstacles pour elle, pas de problèmes. La nuit les avait rassemblés sur ce perron comme les seuls êtres qui n’avaient pas eu peur d’elle, les seuls qui fussent égaux aux éléments…

 

(…)

 

Dans l’Église comme dans la Nature… Simon pensait tout à coup à la prairie… Oui, c’était bien le sentiment d’une présence qu’il avait lorsqu’il se tenait seul, silencieux, au milieu d’elle ; l’émotion qu’il trouvait là devait être sœur de celle qui allait être donnée à ces hommes qui montaient en ce moment vers la chapelle. Il jeta un regard sur le petit édifice qui, avec ses murs épais, ses fenêtres étroites, son large auvent, rappelait un peu les granges des paysans de Savoie. Il sentit qu’elle avait changé pour lui, qu’elle s’animait ; il la regardait avec les yeux de son enfance, quand il se demandait, devant la flamme tremblante des cierges, pourquoi il y avait tant de lumières,  et que la voix du prêtre qu’il ne voyait pas l’inquiétait, comme si elle tombait des nues. Il se rappela combien l’avait troublé aussi, les premiers jours, ici même, la voix du torrent invisible… »

 

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